| |
|
| |
Photo : Ferrante Ferrenti |
|
Sabri
Moudallal, Omar Sarmini et
l'Ensemble Al-Kindi
"Le Salon de Musique d'Alep, l'Art du Muwashshah"
L'école
traditionnelle du Muwashshah sans académisme ni rigidité,
mais avec joie, maîtrise et créativité est
représentée ici par le maître incontesté,
l'octogénaire mais toujours pétillant Sabri
Moudallal, et la nouvelle génération Omar
Sarmini, à la sensibilité à fleur de
peau.
Original
car il réunit pour la première fois ces deux monstres
sacrés de l'art vocal citadin arabe, ce programme reconstitue
également l'atmosphère intimiste mais riche en
émotion du "Salon de Musique Arabe", tel qu'il
existait au XIXéme siècle, avec ses divans, ses
tapis, et ses narguilés.
Sous
la férule de Julien Jâlal Eddine Weiss, ces deux
chanteurs se livrent à d'époustouflantes vocalises
improvisées, joutes ludiques, ponctuées de soli
instrumentaux des musiciens de l'ensemble Al-Kindî.
|
|
A l'instar de la Venise du XVIIIéme siècle, férue
d'art lyrique, la ville d'Alep est toujours connue pour son
redoutable public de mélomanes.
On raconte ainsi que les grands chanteurs du Caire, au début
de leur carrière, tels Oum Kalthoum, ou Abdelwahab, se
devaient, tel un rite de passage, d'obtenir l'imprimatur de
ce public exigeant et raffiné.
Installé depuis quelques années dans un palais
Mamelouk du XIVéme siècle, situé près
de la Bab Qenissrin, une des portes monumentales de la vieille
ville d'Alep, Julien Weiss perpétue chez lui la tradition
de ces rencontres musicales, en organisant chaque mois une soirée
musicale ouverte à tous, qui est l'occasion d'une communion
chaleureuse entre artistes et auditoire et où peut se
ressentir cette émotion vive que l'on appelle le tarab,
exprimé par les cris de satisfaction tels Allah, Ya Salam
! !
|
Omar Sarmini, Sabri Moudalal et Julien
Jâlal Eddine Weiss |
|
Soirée Musicale dans le Palais de J.J. Weiss
à Alep
|
Malâ
l-kâsât
Il a empli les coupes
et m'a servi
Celui dont la taille est si gracile
Ma vie ne tient qu'à un mot de lui
Son regard, tel une épée, m'a transpercè
Vous qui me blâmez ! Ne vous enquiérez point
de moi
Laissez-moi respecter mes serments
Man
kunta anta habîbahu
Celui dont tu es l'Aimé
Quel beau sort est le sien
Seigneur, qui prie ne peut être déçu
Quand tu exauces sa prière
Comment pourrait souffrir en sa chair
Un corps dont tu es le médecin.
|
|
Yâ
qalbu (`Umar Ibn al-Fârid, 1181/1235)
Ô coeur, toi qui dans tes amours m'a promis
la constance
Prends garde de ne pas faillir demain
Dis à ceux qui aimèrent, avant et après
moi
Et qui peuvent céans constater mon chagrin
De moi seul apprenez, et suivez le chemin
et du feu de mon coeur enseignez les humains
Avec l'Aimé je me suis esseulé, car entre nous
Est un secret plus doux
que la brise qui passe...
|
|
Tif
yâ durri
Tourne ma perle rare,
fiasques à la main
Encore et encore verse moi du vin
Abreuve-m'en, tout contre ton sein
Dans des coupes, jusqu'au matin.
Debout ! et chante en bayyâtî
Emeus les convives, mon ami
Tu es mon âme, tu es ma vie
A mes yeux le plus joli
Viens mon compagnon, oublie
les censeurs et le blâme
Sois doux, ô ma gazelle
Sans détours ni palabres
|
|
Formation :
Sabri Moudalal, Omar Sarmini -
Chant
Julien Jâlal Eddine
Weiss - Cythare orientale (Qânun), direction artistique
Ziyâd Kâdî
Amin - Flûte en roseau (Ney)
Qadri Dalal Luth - (°ud)
Adel Shams el-Din - Tambourin à cymbalettes (riqq)
Maher Moudalal, Qadri Dalal - Choeur (Munshiddin)
|
|