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Les
Croisades sous le regard de l'Orient
Hommage à Osama Ibn al-Mounqidh
Omar Sarmini et L'Ensemble Al-Kindi
A
contrario de la musique médiévale occidentale,
la musique arabe a peu changée dans sa forme depuis
l'âge d'or de sa civilisation qui se situe entre
le XI et le XIIéme siècle, notamment elle
est restée résolument monodique, et fidèle
à sa tradition orale. C'est pourquoi malgré
l'absence de notation musicale, il est paradoxalement
plus aisé de restituer l'essence d'une musique
si ancienne.
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Trois
poètes du XIéme siècle sont célébrés
dans ce programme, Ousama Ibn Al-Mounqidh, Ibn Al-Qaysarani,
tous deux syriens et Abou Al-Mouzaffar Al-Abiouardi de Bagdad.
Ces trois poètes sont également des historiens
et des chroniqueurs de leur époque ; Ousama est de loin
le plus célèbre d'entre eux, et probablement le
plus attachant. Neveu d'un prince de Syrie, il passé
une partie de sa vie dans la forteresse de Chayzar sur les rives
de l'Oronte. Il est né à l'époque de la
première croisade et va mourir quelques mois après
la reprise de Jérusalem. Sa vie est consacrée
à la chasse, la guerre, la prière et l'écriture.
Il est l'auteur d'un Diwân, recueil de poésie ainsi
que d'un ouvrage autobiographique qu'il acheva peu avant sa
mort, vers l'âge de 93 ans.
Omar Sarmini et l'ensemble Al-Kindî
au
Crac des Chevaliers (Syrie)
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Pour
ce répertoire ancien, Julien Jâlal Eddine
Weiss dans sa quête d'authenticité, réalise
enfin la formation instrumentale idéale à
ses yeux, celle du takht classique tel qu'il existait
au XVIIIéme siècle. Aux côtés
des instrumentistes virtuoses et membres habituels de
l'ensemble Al-Kindi, il intègre la Joza,
vièle à pique, avec le maître irakien
Mohammed Gomar. Cet instrument à cordes frottées
a en effet malheureusement disparu de la musique classique
syrienne et égyptienne depuis le XIXéme
siècle, chassé au profit du violon occidental
au timbre trop enveloppant. |
Omar Sarmini avec l'ensemble Al-Kindi interprètent plusieurs
suites vocales et instrumentales (Wasla) ayant pour unité
un Mâqâm particulier (Gamme). Au sein de chacune
de ces suites un instrumentiste interprète un taqsim
(improvisation) afin de plonger l'auditoire ainsi que le chanteur
dans l'état psychique correspondant au Mâqâm
puis l'ensemble joue un prélude instrumental rythmé.
Le chanteur improvise alors sur des poèmes classiques
(Qâsidâ poèmes monorymes) avec une technique
vocale ancestrale toujours en vigueur de nos jours dans la tradition
alépine, et qui se nourrit de l'intemporalité
de l'esthétique musicale et des mélismes du chant
sacré.
Les vocalises aléatoires sont accompagnées par
un ou plusieurs instruments soit sans support rythmique, soit
avec un cycle rythmique et une ligne mélodique répétitive
de basse (ostinato).
Puis le chanteur et les choristes interprètent des Muwashshaat
et Qoudoud (chansons mesurées) anonymes très anciens
mais nécessairement quelque peu anachroniques, qui servent
d'écrins aux somptueuses vocalises d'Omar Sarmini.
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Une
franque dont le parfum est enivrant m'a séduite
Son corps ressemble à une branche tendre,
Son diadème brille comme une lune
Et si ses yeux sont bleus, ma lance mortelle l'est aussi.
Ibn Al-Qaysarani
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Formation :
Omar Sarmini - Chant
Julien Jâlal
Eddine Weiss - Arabic zither (Qânun)
Ziyâd Kâdî
Amin - Reed flute (Ney)
Qadri Dalal Luth - Lute (°ud)
Mohamed Gomar - Fiddle (Joza)
Adel Shams el-Din - Percussion (Riqq)
Hicham Al-Khatib - Tambour sur cadre (Douff)
Maher Moudalal, Qadri Daal - Choir (Munshiddin)
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